Je ne suis plus
voyant. J'y ai renoncé. La voyance et ses
dangers.
Préambule :
L'article ici présenté a été rédigé après avoir jeté l'éponge suite à ma première expérience dans le monde de la voyance professionnelle. En effet, pour suvivre dans ce milieu, le talent seul ne suffit pas. A cette époque, il me manquait une certaine maturité pour appréhender correctement toutes les difficultés de la relation très particulière qui lie le consulttant au tarologue. Par ailleurs, je n'étais pas prêt pour évoluer au sein d'une concurrence aussi diffuse et complexe qui mêle à la fois des praticiens au talent incontestable, des escrocs de la pire espèce et des personnes dont les troubles psychologiques sont tels qu'ils sont totalement incompatibles avec une pratique décente de la voyance.
Ce manque de maturité m'a conduit à mettre fin à cette expérience et à évoluer dans un contexte professionnel radicalement différent pendant près de 5 ans. Cette période m'a permis de grandir, d'évoluer, de mieux comprendre certaines choses. C'est riche de cette sagesse, que j'ai décidé de reprendre mon activité de tarologue en novembre 2004 afin que mes vrais talents ne restent pas inexploités. Une meilleure préparation, ainsi qu'un contrat clair envers le consultant, ont permis à ce nouveau départ de se transformer aujourd'hui en un succès dépassant mes espérances.
Cependant, je ne me dédis pas en ce qui concerne les travers et dérives dénoncés par cet article car ils sont bien réels. C'est pourquoi je tenais à ce que celui-ci soit présent sur mon site dans son intégralité et, cela, sous son titre original : "Je ne suis plus voyant. J'y ai renoncé. La voyance et ses dangers". Il illustre, de plus, toute la difficulté que peut éprouver le jeune tarologue soucieux d'une certaine éthique lorsqu'il embrasse cette carrière professionnelle et, à ce titre également, il revêt un intérêt justifiant sa présence parmi ces pages informatives.
A la veille de l'an 2000, la voyance
fait recette, toujours et encore plus !
Pas un média ne terminera
l'année sans y faire allusion et les prédictions des
mages de tous poils abondent. Encore une bonne occasion de rire un
peu ! Et d'alimenter de prochains débats télévisés !
L'homme a toujours éprouvé le besoin de se rassurer et
de se raconter des histoires pour mieux vivre les difficultés
de la vie, d'où le succès des diseurs de bonne
aventure, mais aussi des religions et des sectes. Depuis mon plus
jeune âge, je me suis passionné pour toutes les
disciplines ayant trait à la divination, J'ai étudié
des dizaines d'ouvrages, les meilleures références,
j'ai rencontré quelques pointures du milieu (sans jamais voir
de miracle), mais mon esprit de chercheur de vérité m'a
poussé à aller plus loin et à percer le voile
mystérieux et l'ambiance sulfureuse des coulisses de la
voyance : j'ai fait le grand saut.
Un jour de décembre 1997,
j'ai poussé la porte des services de l'URSSAF et cinq minutes
m'ont suffi pour valider mon inscription : j'étais devenu
voyant professionnel !
Cette expérience m'a fait
découvrir le public de la voyance. Sa pratique quotidienne m'a
permis de tester grandeur nature la justesse de mon art, mais a
révélé également ses faiblesses... et les
miennes aussi ! Alors, oui, sincèrement des phénomènes
de voyance se produisent parfois, chez moi comme chez les autres. Il
s'agit de quelque chose de bien plus grand que moi, qui me dépasse
et que je n'explique pas. C'est la même chose que lorsque vous
pensez à un ami et que le téléphone sonne au
même moment : un phénomène de synchronicité
entre deux événements a lieu. C'est sublime, mais
incontrôlable.
Ainsi, il m'est arrivé de
dire à une femme qui me consultait pour la première
fois que son fils souffrait d'épilepsie, et c'était
vrai ; ou encore j'ai décrit avec précision la
relation d'un couple. Il m'a suffi d'observer les deux partenaires
avec attention et humilité. Mais combien de choses fausses
ai-je dites ? Car que fait-on lorsque ce merveilleux phénomène
ne se produit pas ? On a recours aux ficelles du métier,
qui sont tellement grosses qu'on dirait des câbles ! Ou
encore, à la psychologie si on veut rester honnête !
Alors, j'ai renoncé à
la pratique de la voyance. Je ne souhaite plus adhérer à
un système malsain : la plupart des gens qui le
constituent (ce qui explique la mauvaise presse de la profession et
elle est justifiée) ; et malsain encore par sa fonction
même, qui vise à entretenir les gens dans l'attente d'un
futur probable mais qui n'existera peut-être jamais! Attendre
que les prédictions se réalisent c'est vivre hors de la
réalité. C'est donc très pernicieux.
Or, il existe une catégorie
de consultants qui investissent le voyant d'un pouvoir qu'il n'a pas,
l'obligeant à répondre à une multitude de
questions auxquelles il sera incapable de répondre, surtout en
si peu de temps. Le voyant est ainsi pris à son propre piège,
il doit tout pouvoir annoncer ! Hélas, il n'en est pas
capable mais saura-t-il le dire ?
Et combien de personnes sont
arrivées chez moi effondrées psychologiquement, parce
qu'un illuminé leur avait annoncé l'accident, la mort
d'un proche ou autres catastrophes qui n'ont jamais eu lieu ?
Navrant !
Mes amis, faites appel à
votre bon sens pour que ce nouveau millénaire soit le
commencement d'une époque résolument positive et
réaliste, rejetant une fois pour toute cette façon de
pratiquer d'un autre âge. L'époque de Mademoiselle
Lenormand est belle et bien révolue.
Il existe, sans doute, quelques
praticiens bien intentionnés, sérieux et très
psychologues (ce qui est la qualité indispensable de ce métier
de voyant). Laissez parler votre intuition pour les découvrir...
et fuyez les autres ! N'écoutez pas les annonceurs de
miracles, on vous promet la lune sachant que vous ne l'aurez pas pour
vous faire consulter à nouveau !
Pour ma part, je poursuis mon étude
pratique du Tarot de Marseille, avec l'approche la plus moderne et
scientifique possible, tout en préparant un livre : je
veux en effet faire partager à tous mon expérience de
la voyance vue de l'intérieur. Les autres en parlent, mais moi
j'y suis allé. Car cet outil (le Tarot de Marseille) peut
réellement nous aider à mieux comprendre les mécanismes
qui régissent notre vie affective et professionnelle loin des
supercheries habituelles. Il nous aide à voir avec notre
propre regard, non pas à travers le regard trouble d'un voyant
aveuglé par ses propres angoisses !
N'acceptez jamais plus les
prescriptions autoritaires des voyants qui affirment les choses sans
être capables de se remettre en question. Leur rôle n'est
pas de vous imposer un futur qu'ils ont choisi pour vous mais au
contraire de vous rendre créateur de votre destin. Il est déjà
très difficile de conduire sa propre vie alors qui pourrait
prétendre mener la vôtre à votre place ?
Comprenez-moi bien : il ne
s'agit pas de tout rejeter en bloc. Simplement, n'attendez pas plus
d'un voyant que ce qu'il peut offrir. S'il prétend tout donner
ou tout résoudre, il ment, et c'est tant pis pour vous !
Laurent Edouard - In
"L'Officiel de la Voyance N° 4" - Juin Juillet
2000.
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